SE RECONSTRUIRE APRES L’EPREUVE

Résilience : Dans les années 1950 une psychologue, Emmy Werner, était en charge de 700 enfants maltraités dans l’archipel d’Hawaï.
30 ans plus tard, elle retourne dans ces îles et constate que 30% d’entre eux ont appris à lire et à écrire, ont fondé une famille alors que les psys de l’époque auraient trouvé plus normal qu’ils deviennent délinquants…
Qu’avaient ils donc de plus ces survivants ?
En fait, dans les 3 premiers mois de leur vie, ils avaient bénéficié de l’attention d’une personne qui leur avait manifesté de l’amour et en qui ils avaient confiance.
Ce souvenir, ancré en eux, les rendait capable d’affronter le monde et de demander de l’aide pour s’en sortir.

La notion de résilience est entrée dans le domaine de psychologie dans les années 1990 grâce à Boris Cyrulnik mais elle vient initialement de la physique et plus exactement de la métallurgie.

La résilience, c’est l’aptitude d’un corps (une barre de fer par exemple) à résister aux pressions et à reprendre sa forme initiale.
Aujourd’hui, on parle de « résilience environnementale ou écologique » pour désigner la capacité d’un écosystème, d’une population ou d’une espèce à retrouver un fonctionnement « normal » après un bouleversement en profondeur.
Boris Cyrulnik explique que c’est une sorte de ressort invisible, de pulsion de vie, l’art de naviguer dans les torrents. C’est être capable de changer de regard sur les malheurs vécus. Ce n’est jamais un exploit ou une performance car nul n’est jamais résilient seul.

JAMAIS TOUT SEUL
Derrière chaque personne résiliente, il y en a une autre, qui a su tendre la main au bon moment.
Le résilient est davantage le rescapé d’un naufrage qu’un héros triomphant. Souvent, il a cru que tout était foutu et une petite lumière a jailli pour le guider vers la côte.
Oeuvrer à la résilience, ce n’est pas faire revenir la personne à son état d’avant l’entrée dans la douleur. Après un choc, un drame ou un traumatisme, la personne n’est plus jamais la même. Elle ne sera pas non plus la personne qu’elle aurait pu être si elle n’avait pas connu cette épreuve. Le blessé de l’âme se remet à vivre, à penser, à aimer, se libère progressivement mais il ne s’agira jamais d’une guérison. Il restera toujours des traces de la blessure dans son esprit et aussi dans son cerveau. Ces traces pourront l’inviter à plus de tolérance et de sagesse.

LES ARBRES AUSSI…
Peter Wohlleben, garde-forestier allemand et auteur de la Vie secrète des arbres (Les Arènes) a démontré qu’un éco système aussi fragile qu’une forêt avait la force de se remettre d’un incendie ou d’une autre catastrophe grâce aux racines qui constituent le cerveau des arbres.
Selon lui, les arbres sont en effet des êtres sociaux qui se sachant interdépendants, tendent souvent à coopérer en sous-sol. « Si l’un d’entre eux est victime d’une espèce d’insecte, il peut en informer d’autres qui se préparent à se défendre mais aussi à lui venir en aide en développant les substances adéquates ». Les voisins d’humus seraient ils donc des tuteurs de résilience? Selon lui, moins que des liens nécessaires à la survie, il y aurait entres les arbres des « liens d’amitié », donc des « relations choisies ». ST

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