Sommes nous vraiment libres d’être libres ?

D’après un sondage IFOP pour le journal Opinion, 46% des personnes interrogées considèrent le mot LIBERTE comme le mot le plus important de notre devise nationale.

La même enquête nous révèle  que nous aimons l’esprit d’initiative, tout en estimant que l’Etat devrait davantage nous prendre en charge …

Autre paradoxe : nous tenons à décider seuls de nos existences tout en revendiquant nos addictions à nos écrans, à notre travail, à nos agendas, en confondant très souvent l’urgence de l’important .

Devoir assumer seuls nos choix sans pouvoir accuser quiconque de nos erreurs donne parfois le vertige…

Qu’est ce que la liberté?

Ne suivre que notre instinct?

Changer d’orientation professionnelle à 50 ans?

Ne plus être déterminé par notre histoire familiale et notre inconscient?

Chez Tout est en Toi, nous considérons que le premier pas pour devenir vraiment acteur de sa vie est de quitter la position de victime. En nous répétant « Il faut », « je dois » – comme probablement nos parents nous l’ont affirmé et en nous culpabilisant de trahir leurs attentes même si ils ne sont plus là – nous nous empêchons de découvrir nos vraies possibilités.

Débutons nos phrases par « J’ai envie » et n’hésitons pas à couper le mot en 2 parties : EN VIE !!!

Si nous ne sommes pas responsables des blessures subies dans l’enfance et dont le souvenir traumatique nous emprisonne, nous sommes responsables des pensées et des images qui surgissent en nous quand nous les évoquons.

La vraie question à se poser est : « qu’est ce qui m’empêche de … »

Ce ne sont pas les choses qui troublent les hommes, mais les évaluations prononcées sur les choses

Notre réaction aux événements est en grande partie guidée par nos filtres, nos croyances, notre ego. Nous interprétons les faits, les étiquetons, leur donnons un sens subjectif. C’est donc souvent notre évaluation qui est responsable de ce que l’on ressent, plus que la chose évaluée.

Nous affirmons qu’il ne fait pas beau, alors que la pluie, en soi, est neutre.  Pour Épictète, notre énergie doit être au service de l’élévation de notre raison : si l’on ne peut contrôler les événements, on peut apprendre à choisir notre réaction. Et si cet apprentissage passait par une phase d’acceptation ? C’est parce que j’accepte les choses que je cesse de les juger compulsivement.

Ne cherche pas à faire que les événements arrivent comme tu veux, mais veuille les événements comme ils arrivent, et le cours de ta vie sera heureux

Un des éléments-clés de la philosophie d’Épictète repose sur la nécessaire distinction entre ce qui est de notre ressort (le jugement, l’impulsion, le désir…) et ce qui ne l’est pas (l’avoir, la réputation, le pouvoir…).

Quand les événements ne se déroulent pas comme on l’aurait souhaité, accepter ce qui survient, sans résignation ni regret, permet de rester centré, en phase avec l’instant présent, sans s’abîmer dans la colère, l’amertume ou le pénible sentiment d’impuissance.

L’ancien proactif que j’étais a découvert un certain plaisir à se laisser aller à accepter ce qui arrive sans chercher à reprendre en main les rênes d’un destin qui, pour une part au moins, nous échappe. Se glisser dans le flot de la vie et accueillir ce qu’elle nous donne…

Combien de temps différeras-tu encore de te juger toi-même digne du meilleur, et de ne transgresser en rien ce que décide la raison ? […] Quel maître attends-tu donc encore pour lui confier le soin d’accomplir ta propre correction ?

Souvent, ce que je recherche avidement à l’extérieur, c’est à l’intérieur de moi-même que je peux le trouver. La sagesse  émerge du tréfonds de mon âme. « Fouille au-­dedans », conseillait Marc Aurèle, lui-même profondément influencé par la pensée d’Épictète.

L’empereur philosophe affirmait : « Il est absolument évident qu’il n’y a dans la vie nulle situation plus propice à la philosophie que celle où tu te trouves maintenant ! » Une phrase qui me vient souvent à l’esprit quand je dois affronter une situation désagréable…

Personne d’autre ne te nuira si toi, tu ne le veux pas. On te nuira à partir du moment où tu jugeras que l’on te nuit

Nous pouvons, en effet, décider de ne pas nous laisser atteindre par un événement extérieur, et choisir délibérément de conserver notre sérénité. Cette attitude ne nous est pas forcément naturelle, mais si nous en faisons l’effort initial, le bénéfice que nous en retirons est tel que nous en adoptons vite l’habitude.

Imaginez que vous parveniez à n’être en rien touché par la mauvaise action d’un autre à votre égard, par une injure, une marque de mépris, le jugement d’un collègue ou d’un voisin. Quelle liberté ! Quel bonheur !

C’est tout ce que je vous souhaite en ce début d’année !

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